Ce qui a changé le 10 juin 2026
La loi fédérale n°162-FZ du 10 juin 2026 modifie la loi n°115-FZ sur le statut juridique des étrangers et l'article 34 de la loi sur le bien-être sanitaire et épidémiologique de la population. Elle tient en une phrase : l'étranger qui prévoit de séjourner plus de trente jours en Russie doit passer l'examen médical dans les trente jours suivant son entrée.
Avant ce texte, le régime était plus souple et à deux vitesses : trente jours pour ceux qui venaient travailler, quatre-vingt-dix jours pour tous les autres motifs. C'est cette seconde catégorie qui vient d'être ramenée à trente jours.
La règle s'applique à toute entrée, sur visa de n'importe quel type comme en régime sans visa. Elle ne s'applique pas aux titulaires d'un permis de séjour temporaire (RVP) ou d'un permis de séjour permanent (VNJ), qui relèvent d'un autre régime.
un visa d'un an ne donne pas un an de tranquillité. Le visa court, le visa familial, le visa d'affaires et le visa touristique de longue durée ouvrent tous la même obligation dès que le séjour dépasse trente jours, et le compteur part de la date d'entrée, pas de la date d'installation.
Qui doit le passer, qui en est dispensé
L'obligation vise les étrangers et les apatrides entrant en Russie, dès lors que le séjour prévu dépasse trente jours. Elle se double d'une dactyloscopie, la prise d'empreintes officielle, et d'une photographie d'État. Ces trois formalités vont ensemble et débouchent sur la délivrance d'un document attestant leur accomplissement.
Une confusion revient sans cesse : les empreintes relevées automatiquement au poste-frontière lors de l'entrée et de la sortie ne comptent pas. Elles relèvent du contrôle migratoire, pas de la procédure obligatoire, qui se fait auprès d'un organisme habilité une fois sur le territoire.
Sont dispensés :
- les titulaires d'un RVP, d'un VNJ ou d'un RVPO étudiant ;
- les personnes séjournant moins de trente jours ;
- les enfants de moins de six ans ;
- les citoyens de Biélorussie ;
- le personnel diplomatique et consulaire, les fonctionnaires d'organisations internationales, les attachés militaires et les missions commerciales, ainsi que les membres de leur famille ;
- les titulaires de passeports diplomatiques et de service.
Tous les autres passent, y compris les conjoints étrangers de citoyens russes venus sur visa familial, et y compris les retraités venus pour de longs séjours.
Ce que l'examen comprend
L'examen n'est pas une visite de confort. Il porte sur un ensemble d'affections dont le dépistage conditionne le droit de séjourner : infection à VIH, tuberculose, infections sexuellement transmissibles, lèpre, et dépistage de consommation de stupéfiants et de substances psychotropes.
Concrètement, la personne passe par plusieurs cabinets au sein du même établissement, généralement cinq, avec prises de sang, radiographie pulmonaire et examen des urines. Comptez une demi-journée sur place.
Les enfants sont concernés dès six ans, avec un parcours adapté selon l'âge.
Un résultat positif à l'une des affections listées n'est pas anodin : il peut fonder un refus de titre ou une réduction de séjour. C'est le point à anticiper pour toute personne suivant un traitement au long cours, notamment lorsqu'il repose sur des molécules classées comme stupéfiants en Russie, la codéine, le tramadol ou la prégabaline par exemple, dont la simple détention sans ordonnance traduite est déjà une infraction.
Où le faire, et pourquoi le choix de la clinique décide de tout
Seuls les établissements figurant sur la liste officielle des organismes agréés sont acceptés. Un examen passé dans une clinique privée non agréée, même excellente, produit des certificats que le service des migrations refusera. C'est l'une des deux erreurs les plus fréquentes relevées par les cabinets moscovites.
La seconde est plus insidieuse : l'incohérence des données personnelles. Si, après l'examen, vous changez d'adresse ou obtenez une nouvelle traduction notariée de votre passeport rédigée différemment, la transcription de votre nom ou votre adresse ne correspondra plus à celle des certificats. Les certificats doivent alors être entièrement refaits. La règle pratique est donc de faire établir la traduction du passeport d'abord, l'examen ensuite, et de ne plus y toucher.
Les certificats se déposent au service des migrations du lieu de séjour ou dans une antenne du centre de migration. À Moscou, la dactyloscopie se fait au centre de Sakharovo ou dans sa représentation, dont l'adresse a changé le 22 juin 2026 pour la tour OKO, 1er passage Krasnogvardeïski.
Combien de temps, combien ça coûte
| Poste | Repère 2026 |
|---|---|
| Examen médical complet | environ 7 000 ₽ par personne |
| Délai sur place | une demi-journée, un jour ouvré |
| Délivrance des certificats | 5 à 6 jours ouvrés |
| Accompagnement par un cabinet | à partir de 12 000 ₽, plus 3 000 ₽ par personne supplémentaire |
| Validité des certificats | 1 an |
Le tarif de l'examen varie selon la région et selon la composition de la famille. L'accompagnement, lui, n'a d'intérêt que pour ceux qui ne parlent pas russe : il couvre la prise de rendez-vous, la présence d'un assistant pendant le parcours et la vérification des données inscrites sur les certificats avant qu'il ne soit trop tard.
La validité d'un an n'est pas une formalité. Les certificats doivent être renouvelés dans les trente jours suivant leur expiration si le séjour se poursuit. Un étranger installé durablement sur un visa long repasse donc l'examen chaque année, jusqu'à ce qu'il obtienne un RVP ou un VNJ, qui l'en dispensent.
Ce que vous risquez si vous ne le faites pas
La sanction principale n'est pas l'amende, c'est la réduction de la durée de séjour autorisée. Le ministère de l'Intérieur peut décider que votre séjour prend fin plus tôt que la validité de votre visa, ce qui vous laisse quelques jours pour quitter le pays.
Les autres conséquences possibles sont l'annulation du visa ou du permis de travail, l'amende administrative, et dans les cas les plus lourds l'expulsion.
En pratique, la gradation observée dépend de l'ancienneté du manquement et de son caractère isolé. Un cabinet documente le cas d'un ressortissant américain arrivé sur un visa touristique de trois ans, resté plus de quatre-vingt-dix jours sans savoir que l'examen s'imposait : la réponse dépend de l'inspecteur, entre l'amende pour une première violation et la réduction effective du séjour. Le seul conseil qui tienne dans cette situation est de régulariser sans attendre, car le temps écoulé pèse dans l'appréciation.
Il existe enfin une conséquence en cascade, souvent la plus coûteuse : sans ces documents, les démarches suivantes sont bloquées. L'enregistrement migratoire, la demande de RVP, la demande de VNJ et la demande de citoyenneté supposent toutes que l'examen et la dactyloscopie ont été faits.
Questions fréquentes
Mon visa dure un an, ai-je un an pour passer l'examen ? Non. Le délai court à partir de la date d'entrée et il est de trente jours, indépendamment de la durée du visa.
Les empreintes prises à l'aéroport suffisent-elles ? Non. Elles relèvent du contrôle frontalier. La dactyloscopie obligatoire se fait auprès d'un organisme habilité, en Russie.
Je suis conjoint d'une citoyenne russe, suis-je dispensé ? Non, tant que vous êtes sur un visa. La dispense ne vaut que pour les titulaires de RVP, de VNJ ou de RVPO.
Puis-je faire l'examen dans la clinique privée où j'ai mes habitudes ? Seulement si elle figure sur la liste des établissements agréés par le ministère de l'Intérieur. Sinon, les certificats seront refusés.
Mes certificats de l'an dernier sont-ils encore valables ? Un an à compter de leur délivrance, et le renouvellement doit intervenir dans les trente jours qui suivent leur expiration.
À partir de quel âge un enfant est-il concerné ? Six ans. En dessous, il en est dispensé.
En résumé
Trente jours après l'entrée, pas davantage. Une clinique agréée, jamais une autre. Une traduction de passeport figée avant l'examen, pour que les données concordent. Des certificats valables un an, à renouveler tant que le séjour se prolonge sur visa.
C'est une formalité courte, peu coûteuse, et dont l'oubli produit des effets disproportionnés : un séjour raccourci par décision administrative, et toute la suite du parcours migratoire bloquée. Elle mérite d'être traitée dans la première semaine, pas dans le premier mois.


