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Examen médical obligatoire en Russie : trente jours depuis le 1er septembre 2026

25 octobre 2026•9 min de lecture
Examen médical obligatoire en Russie : trente jours depuis le 1er septembre 2026

Le délai était de quatre-vingt-dix jours, il est passé à trente. La loi fédérale n° 162-FZ du 10 juin 2026, entrée en vigueur le 1er septembre 2026, oblige désormais tout étranger venu travailler, ou venu pour un autre motif et prévoyant de rester plus de quatre-vingt-dix jours, à passer l'examen médical dans les trente jours suivant son entrée, quel que soit son visa. Les certificats ne valent qu'un an, ils ne sont acceptés que s'ils viennent d'une clinique agréée, et le manquement se solde par une réduction de la durée de séjour autorisée. La plupart des pages francophones annoncent encore l'ancien délai.

La rédaction Novika, depuis Moscou

Ce qui a changé le 1er septembre 2026

La loi fédérale n° 162-FZ du 10 juin 2026, adoptée par la Douma le 27 mai et approuvée par le Conseil de la Fédération le 3 juin, est entrée en vigueur le 1er septembre 2026. Elle modifie la loi n° 115-FZ sur le statut juridique des étrangers et l'article 34 de la loi sur le bien-être sanitaire et épidémiologique de la population. Elle tient en une phrase : l'étranger venu travailler, ou venu pour un autre motif pour plus de quatre-vingt-dix jours, doit passer l'examen médical dans les trente jours suivant son entrée.

Avant ce texte, le régime était plus souple et à deux vitesses : trente jours pour ceux qui venaient travailler, quatre-vingt-dix jours pour les séjours de plus de quatre-vingt-dix jours motivés par autre chose que le travail. C'est cette seconde catégorie qui vient d'être ramenée à trente jours.

La règle s'applique à toute entrée, sur visa de n'importe quel type comme en régime sans visa. Les titulaires d'un permis de séjour temporaire (RVP) ou d'un permis de séjour permanent (VNJ) relèvent d'un autre régime : l'examen fait partie du dossier de demande de leur titre.

un visa d'un an ne donne pas un an de tranquillité. Dès que l'on vient travailler, ou que le séjour prévu dépasse quatre-vingt-dix jours, comme sur un visa familial, le compteur de trente jours part de la date d'entrée, pas de la date d'installation.

Qui doit le passer, qui en est dispensé

L'obligation vise les étrangers et les apatrides entrant en Russie pour y travailler, quelle que soit la durée du séjour, ou pour un autre motif dès lors que le séjour prévu dépasse quatre-vingt-dix jours. Elle se double d'une dactyloscopie, la prise d'empreintes officielle, et d'une photographie d'État. Ces deux formalités gardent leur propre délai : trente jours pour qui vient travailler, mais toujours quatre-vingt-dix jours pour les autres séjours de plus de quatre-vingt-dix jours, car la loi de 2026 n'a raccourci que le délai de l'examen médical (article 5 de la loi n° 115-FZ). Depuis le 1er septembre 2026, l'examen médical donne lieu à un certificat électronique, que la clinique transmet au ministère de l'Intérieur dans les vingt-quatre heures et dont elle remet un extrait papier sur demande (article 4.2 de la loi n° 115-FZ).

Une confusion revient sans cesse : les empreintes relevées au poste-frontière ne comptent pas. Elles relèvent du contrôle migratoire, pas de la procédure obligatoire, qui se fait auprès d'un organisme habilité une fois sur le territoire.

Sont dispensés :

  • les titulaires d'un RVP, d'un VNJ ou d'un RVPO étudiant ;
  • les personnes venues pour un autre motif que le travail et séjournant quatre-vingt-dix jours ou moins ;
  • les enfants de moins de six ans ;
  • les citoyens de Biélorussie ;
  • les fonctionnaires d'organisations internationales venus en Russie pour leurs fonctions et le personnel de leurs représentations, ainsi que les membres de leur famille ;
  • sous réserve de réciprocité, le personnel diplomatique et consulaire, celui des attachés militaires et des missions commerciales, les titulaires de passeports diplomatiques et de service, ainsi que les membres de leur famille ;
  • les réfugiés et les bénéficiaires de l'asile temporaire en Russie.

N'a pas non plus à repasser l'examen l'étranger qui l'a déjà passé, dans les cas prévus par la loi, moins d'un an avant son entrée.

Tous les autres passent, y compris les conjoints étrangers de citoyens russes venus sur visa familial, et y compris les retraités venus pour de longs séjours.

Ce que l'examen comprend

L'examen n'est pas une visite de confort. Il porte sur un ensemble d'affections dont le dépistage conditionne le droit de séjourner : infection à VIH, tuberculose, infections sexuellement transmissibles, lèpre, et dépistage de consommation de stupéfiants et de substances psychotropes.

Concrètement, la personne passe par plusieurs cabinets au sein du même établissement, avec prises de sang, radiographie pulmonaire et examen des urines.

Les enfants sont concernés dès six ans, avec un parcours adapté selon l'âge.

Un résultat positif à l'une des affections listées n'est pas anodin : il peut fonder un refus de titre ou une réduction de séjour. C'est le point à anticiper pour toute personne suivant un traitement au long cours, notamment lorsqu'il repose sur des molécules classées comme stupéfiants en Russie, la codéine, le tramadol ou la prégabaline par exemple, dont la simple détention sans ordonnance traduite est déjà une infraction.

Où le faire, et pourquoi le choix de la clinique décide de tout

Salle d'attente d'un centre médical en hiver

Seuls les établissements figurant sur la liste officielle des organismes agréés sont acceptés. Un examen passé dans une clinique privée non agréée, même excellente, produit des certificats que le service des migrations refusera. C'est l'une des deux erreurs les plus fréquentes relevées par les cabinets moscovites.

La seconde est plus insidieuse : l'incohérence des données personnelles. Si, après l'examen, vous changez d'adresse ou obtenez une nouvelle traduction notariée de votre passeport rédigée différemment, la transcription de votre nom ou votre adresse ne correspondra plus à celle des certificats. Les certificats doivent alors être entièrement refaits. La règle pratique est donc de faire établir la traduction du passeport d'abord, l'examen ensuite, et de ne plus y toucher.

La clinique transmet elle-même le certificat au ministère de l'Intérieur. À Moscou, la dactyloscopie se fait au centre de migration de Sakharovo ou dans sa représentation, dont l'adresse a changé le 22 juin 2026 pour la tour OKO, 1er passage Krasnogvardeïski.

Qui paie, et pour combien de temps

L'examen est à la charge de l'étranger, à moins que son employeur ou le donneur d'ordre ne le prenne en charge (article 4.2 de la loi n° 115-FZ). La loi ne fixe pas de tarif : le prix est celui de l'établissement habilité et varie selon la région. L'accompagnement par un cabinet n'a d'intérêt que pour ceux qui ne parlent pas russe : il couvre la prise de rendez-vous, la présence d'un assistant pendant le parcours et la vérification des données inscrites sur les certificats avant qu'il ne soit trop tard.

La validité d'un an n'est pas une formalité. L'examen se repasse dans les trente jours qui suivent la date anniversaire du précédent, tant que le séjour se poursuit (article 5, point 19, de la loi n° 115-FZ). Un étranger installé durablement sur un visa long repasse donc l'examen chaque année, jusqu'à ce qu'il obtienne un RVP ou un VNJ, qui l'en dispensent. Les spécialistes hautement qualifiés échappent à ce rythme annuel : ils repassent l'examen dans les trente jours qui suivent la prolongation de leur permis de travail.

Ce que vous risquez si vous ne le faites pas

Couloir de clinique aux portes numérotées

La sanction principale n'est pas l'amende, c'est la réduction de la durée de séjour autorisée. Le ministère de l'Intérieur peut décider que votre séjour prend fin plus tôt que la validité de votre visa, ce qui vous laisse quelques jours pour quitter le pays.

Les autres conséquences possibles sont l'annulation du visa ou du permis de travail, l'amende administrative, et dans les cas les plus lourds l'expulsion. Depuis le 10 juin 2026, l'article 18.11.1 du Code des infractions administratives, dans sa rédaction issue de la loi fédérale n° 163-FZ, punit le refus ou la soustraction à l'examen d'une amende de 25 000 à 50 000 ₽, avec ou sans expulsion.

En pratique, la gradation observée dépend de l'ancienneté du manquement et de son caractère isolé. Un cabinet documente le cas d'un ressortissant américain arrivé sur un visa touristique de trois ans, resté plus de quatre-vingt-dix jours sans savoir que l'examen s'imposait : la réponse dépend de l'inspecteur, entre l'amende pour une première violation et la réduction effective du séjour. Le seul conseil qui tienne dans cette situation est de régulariser sans attendre, car le temps écoulé pèse dans l'appréciation.

Il existe enfin une conséquence en cascade, souvent la plus coûteuse : la suite du parcours se ferme. La demande de RVP comme celle de VNJ exige l'examen médical, et ne pas l'avoir passé dans les délais fonde le refus ou l'annulation d'un RVP, d'un VNJ ou d'un permis de travail (articles 6, 7, 8, 9 et 18 de la loi n° 115-FZ, dans leur rédaction issue de la loi n° 162-FZ).

Questions fréquentes

Mon visa dure un an, ai-je un an pour passer l'examen ? Non. Si vous venez travailler, ou pour un autre motif avec un séjour prévu de plus de quatre-vingt-dix jours, le délai court à partir de la date d'entrée et il est de trente jours, indépendamment de la durée du visa.

Les empreintes prises à l'aéroport suffisent-elles ? Non. Elles relèvent du contrôle frontalier. La dactyloscopie obligatoire se fait auprès d'un organisme habilité, en Russie.

Je suis conjoint d'une citoyenne russe, suis-je dispensé ? Non, dès que votre séjour sur visa dépasse quatre-vingt-dix jours. La dispense ne vaut que pour les titulaires de RVP, de VNJ ou de RVPO, qui passent l'examen dans le cadre de leur demande de titre.

Puis-je faire l'examen dans la clinique privée où j'ai mes habitudes ? Seulement si elle est habilitée : le registre fédéral des établissements habilités est tenu par Roszdravnadzor, l'autorité de surveillance de la santé, et chaque région arrête sa propre liste (article 4.2 de la loi n° 115-FZ). Sinon, les certificats seront refusés.

Mes certificats de l'an dernier sont-ils encore valables ? Un an. L'examen se repasse dans les trente jours qui suivent la date anniversaire du précédent (article 5, point 19, de la loi n° 115-FZ).

À partir de quel âge un enfant est-il concerné ? Six ans. En dessous, il en est dispensé.

En résumé

Trente jours après l'entrée, pas davantage, pour qui vient travailler ou rester plus de quatre-vingt-dix jours. Une clinique agréée, jamais une autre. Une traduction de passeport figée avant l'examen, pour que les données concordent. Des certificats valables un an, à renouveler tant que le séjour se prolonge sur visa.

C'est une formalité courte, dont l'oubli produit des effets disproportionnés : un séjour raccourci par décision administrative, et un RVP, un VNJ ou un permis de travail refusé ou annulé. Elle mérite d'être traitée dans la première semaine, pas dans le premier mois.